Retirer l'étiquette SDF

Publié le par cib


Ce mot SDF, cette expression "sans domicile fixe", qu'est-ce que ça veut dire ? Une appellation administrative sans doute, un truc du genre : technicien de surface pour dire homme ou femme de ménage, ou non-voyant pour dire aveugle.
Avant, on disait SANS ABRI. C'est un peu plus poétique, non ? Cela ne change rien à leur condition, vous me direz. Moi, je vous réponds SI ! 

Une personne est sans abri. Elle erre à la recherche d'un endroit pour s'abriter, pour se réchauffer, pour faire sa toilette, pour se reposer. Un toit, un abri, un endroit à elle, si petit soit-il. Elle est sortie du système, en paie le prix fort. Elle est de plus montrée du doigt par une armée de cons tout propres sur eux qui obéissent au doigt et à l'oeil à la grande nomenclature capitaliste. Elle erre ou bien elle fuit ce système qui non content de l'avoir expulsé cherche à en faire disparaître la trace.

Je me souviens ce reportage de M6 su les "réfugiés" du Bois de Vincennes. Deux à trois cents sans abri, se sont construits des cabanes de bois et de plastique et forment une petite communauté. Tristes peut être de ne pas avoir réussi à "s'adapter" au système, de ne pas en accepter les règles, de n'avoir pu franchir le pas qui mène à l'indigne. Ou bien tristes de constater qu'ils sont si peu nombreux à avoir compris que le système est là pour broyer et non pour faire des heureux, qu'il est mort déjà mais continue de faire des ravages.
 
A un moment, l'un d'eux Régis a dit qu'on lui avait proposé des logements, mais trop loin de Paris, il les a refusés, comme il refuse d'aller dans les foyers pouilleux ou explosent la violence alcoolique, le délire du naufragé. Régis a été hué sur la toile par des cons qui ne voient que par leur trou du cul. Pardonnez-moi ce dérapage vulgaire. Comment ? Il a refusé des logements ? Et bien qu'il crève dans sa merde !
C'est dire à quel point les cerveaux de certains sont calcifiés. Parce que Régis n'accepte pas d'entrer dans le moule, il ne mérite que crachats et violence des fiers à bras qui ont été reçus 20/20 au concours de la bétise humaine.
 

Si comme Régis, nous refusions tous les règles : Arrêter de bosser pour rien ! Arrêter cette exploitation scandaleuse du capital humain. Faire la grève du travail tout simplement. Nous avons déjà entamé une grève de la consommation. Nous nous sommes aperçus que la consommation ne remplit pas le vide intérieur abyssal de nos esprits en quête de reconnaissance.


 

Publié dans Dans la rue

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plumedecib 21/01/2009 00:03

j'ai leu des réactions sur le Net qui m'ont laissée pantoise... En fait, si tu es pauvre, tu dois manger la merde que tu files les assoces, accepter n'importe quel logement même dans le trou du cul du monde, t'habiller avec ce que les autres ne veulent plus. Si tu refuses, tu es un ingrat et on t'envoie crever. Véridique !

Charlotte 20/01/2009 22:02

A mon époque nous les appelions les clodos, mais ils étaient quand même moins nombreux, l'hiver ils se faisaient régulièrement embarquer par les flics, volontairement pour passer la nuit au poste bien au chaud, les flics bon enfant entraient dans leur jeu, mais c'était une autre époque, 99% des clodos avaient choisi cette vie. Maintenant, il suffit d'un licenciement et d'une recherche d'emploi infructueuse pour que tout une vie bascule, n'importe qui peut se retrouver sans abri du jour au lendemain, des familles entières jetées à la rue pour défaut de paiement de leur loyer, de leur crédit. Et tu as raison ceux qui sont (pour l'instant) bien installés dans leur petit confort ne comprennent pas qu'un sans abri refuse un logement dans un trou paumé. Un pauvre devrait accepter qu'on décide de ce qui est bon pour lui.Bon coup de gueule ma bibichette.Gros bisous