Surtout pas victimes !

Publié le par grignette



J'entends et je lis ça et là des discours en termes compassés sur un sujet désormais à la mode, la précarité. De bonnes âmes sans doute sincères cherchent à se calmer du mal et de la peur que la misère leur inspire en décrivant le sort des pauvres sur lesquels ils s'apitoient. Mais la misère est plus dans les coeurs que dans le matériel et c'est ce qu'on ne veut pas s'avouer. Bref.

Cela montre à quel point nous vivons asservis dans un système qui nous broie avant de nous calibrer et combien notre ignorance  immense nous conduit à l'aveuglement. Cela me fait penser aux poissons panés ! Vous voyez, tous les restes de ceux qui furent des poissons ont été broyés, compactés et enrobés, additionnés de colorants, exhausteurs de goûts efficaces et de conservateurs. C'est la nouvelle génération des poissons ! Ils ont tous le même goût, la même forme, la même couleur et ils s'avalent pour enlever la faim. La Société actuelle est devenue une usine à poissons panés. Les cerveaux trépanés vibrent sur les sujets autorisés et fortement préconisés pour entretenir l'affect. Car l'affect est à peu près tout ce qui reste de l'ancien humain. Un affect à fleur de miche, programmé pour réagir au moindre tirage de laisse. 

Cela fait bien de parler de précarité à laquelle on ne manque pas d'associer "pouvoir d'achat". Las, s'il vous plaît. Mieux vaut ne rien dit que ce discours compassé, vide au fond car il est impossible de ressentir la précarité si on ne la vit pas. 

La précarité, la pauvreté, sont des états créés par le manque de pognon. On fixe un seuil de pauvreté, par rapport à quoi ? En fait, l'élément de comparaison est l'image factice d'une vie idéale, tout droit sortie de boîtes de coms  propagandistes. La définition du besoin des humains se fait par leur qualité de consommateur qui répond exactement aux soucis du Marché. L'humain récompensé est celui qui a la capacité de consommer beaucoup et de créer à son tour des produits de consommation. Il a dû pour cela totalement déprogrammé sa nature profonde au point de  considérer son corps et son esprit comme ennemis majeurs, d'atteindre et de compromettre gravement son système immunitaire et son libre-arbitre. Travail de sape sur le corps et l'esprit, recherche de repères et d'appartenance non plus à une famille mais à un groupe social. 


Les précaires, les pauvres ne sont pas des victimes et ils n'ont pas besoin qu'on s'apitoient sur leur sort. Le monde factice qu'ils s'appliquaient à construire leur a pété à la gueule et ce n'est pas ce qui les rend malheureux. L'atroce est dans le constat d'appauvrissement des rêves et des pensées positives et le peu de marge pour rebondir.  C'est avoir l'impression d'avancer sous une chape de plomb, de sentir les entraves qu'on a soi-même fixées et ne pas savoir s'en défaire. Démunis, incertains devant le lendemain, soudain l'aspect destructeur de la société apparaît comme la lame tranchante de la guillotine. Et la sensation de n'avoir ni bras, ni jambes est largement plus traumatisant que de se retrouver sans un ! Comment faire pour en sortir ? Les libertés sont minces puisque la France est totalement prise dans un écheveau de procédures et de démarches qui ne mènent à rien si ce n'est à l'épuisement et à la désillusion totale. Tout est fait pour le poisson pané ! Ayez donc une idée en France et essayez de la mettre en oeuvre ! Le Pays du Système D a vécu, impitoyablement abattu par le SYSTEME. Celui-là même qui veut que vous soyez en soyez dépendants et que si vous venez à faire un faux pas, vous êtes lessivé, sorti du rang et misérablement démotivé. Tout ce qui ne fonctionne pas comme l'ordonne la Grande Machine est jugé compromettant et invariablement débranché.

Bien évidemment les pauvres, les chômeurs et tous ceux dont on croit qu'ils ne branlent rien pour le plaisir jouent malgré eux un rôle inestimable pour maintenir le capital en bonne santé. Mais compatir est tout aussi dangereux que condamner, on joue le jeu du système capitaliste.
Les pauvres, les chômeurs et tous ceux dont on croit qu'ils ne branlent rien pour le plaisir ne sont pas à maudire ou à plaindre mais à écouter avec attention. Vous qui vous compassez de bonne foi, sachez donc qu'en continuant à accepter le SYSTEME, non seulement vous collaborez à détruire ceux que vous plaignez mais vous vous préparez à rejoindre leurs rangs.

La précarité n'est pas une maladie ni un état honteux. Elle est peut être le seul moyen aujourd'hui de redevenir lucide, de reformer ses rêves et de s'y atteler. Le précaire a la force de celui qui n'a plus rien à perdre et donc tout à gagner ! Débarrassé des carcans de la carte bleue et des obligations de paraître, il redevient humain. Attention, l'Ere de l'Avoir tend à disparaître. Avec l'Ere du Verseau vient l'Ere de l'Etre.

L'important est de savoir ce qu'on veut vraiment au fond. A quelle vie nous aspirons pour nous, pour nos enfants ? Quel chemin tracer hors des sentiers battus ? Nous ne sommes pas seuls au Monde... Et comme je l'écris au bas de mon blog, nous sommes des millions de veilleuses et unis nous offrirons à la Terre une grande Lumière et ainsi nous la ferons surgir de l'Enfer dans laquelle nous l'avons plongée....

 

 

Publié dans VIBRATIONS

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Charlotte 05/01/2009 19:21

Appelle-moi avant que le moral ne tombe dans les chaussettes bichon. bisous forts

plumedecib 05/01/2009 11:49

et on se bat pour ne pas être abattus, je te le confirme. On ne se rend pas compte de toute l'énergie qu'on dépense à se battre juste pour garder le moral.

plumedecib 05/01/2009 11:48

je te suis mon pigeon, bien sûr... Ce mot pouvoir d'achat me gave parce qu'il est un terme de com. Utilisé à outrance par la pub. En fait, le pouvoir, c'est plutôt le verbe pouvoir qu'on devrait utiliser. Pouvoir donner à manger à ses gosses, pouvoir leur offrir des souvenirs autre que ceux de crêve la dalle. Nous avons passé un Noël de merde. Je me disais, je m'en fous, ce n'est pas grave, ce n'est qu'une fête. Et puis je me suis réveillée cette nuit en me disant : quelle vie tu offres à tes enfants ? un toit. Tout pour le logement. Bise....

Charlotte 05/01/2009 11:37

La précarité, le pouvoir d'achat, ces mots employés par tout un chacun nous ont été martelés par tous les représentants des partis politiques depuis des années, por les uns "la perte du pouvoir d'achat est inacceptable" pour les autres ou plutôt pour l'"autre" qui a promis d'augmenter le pouvoir d'achat des français et qui lorsqu'il a été élu nous a dit que les caisses étaient vides ! Le problème c'est que derrière ces mots des drames humains se jouent, bien sûr la pitié ne sert à rien mais la compassion si.Le précaire n'a plus rien à perdre mais tout à gagner dis-tu, c'est vrai mais n'oublions pas qu'à force de se battre et de n'avoir aucun résultat, beaucoup baissent les bras et ne luttent plus, il faut une force de caractère à toute épreuve pour se sortir de l'adversité quand tu ne peux plus payer tes factures, ton loyer et la bouffe pour toute la famille, c'est ça le pouvoir d'achat tel que je le comprend. Pouvoir faire face à l'indispensable, ne pas se retrouver à la rue, ce qui est insupportable quant on est seul mais insoutenable quand on a des mômes. Bien sûr, on se donne bonne conscience quant on s'élève contre tout ceci sur nos blogs, mais je pense que certains agissent aussi ! D'accord, ils ne sont peut-être pas nombreux (et encore nous n'en savons rien, en général ça se fait sans tambour ni trompette). Pauvreté des mots n'est pas proportionnelle à pauvreté du coeur ! Plein de bisous ma Grigri !