Le logement n'est pas un droit mais une obligation

Publié le par grignette

Voici un sujet qui me tient à coeur. 

- On parle de SDF, de gens qui meurent couchés sur le trottoir, couverts par un morceau de carton. 
- On parle de familles monoparentales qui ne peuvent pas trouver de logement parce qu'elles ne réunissent pas les qualités requises.
- On parle de bulles immobilières créées par un manque artificiel pour faire monter les prix
- On parle d'inflation du prix des terrains
- On parle de manque de logement sociaux
- On parle de mesures telles que la maison à 15 euros par jour qui n'est qu'un argument de communication d'un ministère qui n'a aucune marge de manoeuvre.





Le logement n'est pas un plaisir qu'on s'offre, pas  plus qu'un droit, c'est bien une obligation. De tout temps, l'humain devient vulnérable s'il n'a pas un toit sur la tête. Depuis qu'il existe, il cherche un abri, cela est même sa première préoccupation.
Des gens spéculent sur des besoins vitaux de leurs congénères. Gagner de l'argent sur ce dont l'humain ne peut se passer au risque inévitable de mourir. Et en plus la loi vous gratifie d'une somme de verrous qui vous encouragent à jouer un jeu cynique qui consiste à mettre en concurrence le plus grand nombre possible de candidats et de choisir celui qui vous agrée, qui vous fera gagner votre vie sans souci.  

Avant, il était possible de se trouver un bout de terrain et de se construire un abri même fait de bric et de broc pour y mettre sa famille à l'abri. Avant, il était même possible de poser une caravane dans un jardin et de s'y abriter, le temps de se refaire une santé financière. Aujourd'hui, nous vivons un incroyable chantage, une sélection odieuse.
Aujourd'hui, nous sommes à la merci des spéculateurs propriétaires et Etat. Oui, on pourrait régler le problème du logement s'il devenait interdit de spéculer sur la pierre, si elle n'était plus une source de revenus autorisée pour le propriétaire et l'Etat qui ne cesse de ponctionner des impôts.

Ce que j'énonce n'est pas utopique. Un état a autant de devoirs envers ses citoyens que ceux-ci en ont envers ce qu'ils appellent la mère Patrie. Le premier devoir est d'assurer à chacun la possibilité d'avoir un toit et ce quelques soient ses moyens, sa situation familiale, son âge, son sexe. Je ne parle pas de parcs à bestiaux incubateurs de vermine. Je ne parle pas non plus de palace.

Mesdames et messieurs les propriétaires, vous avez sans doute bénéficié d'avantages fiscaux pour acheter un logement dont vous faites payer la jouissance à des bougres qui se saignent aux quatre veines pour assurer à leur famille un toit. Vous jouez le jeu de la concurrence du plus cher, vous faites monter les prix en gardant votre bien vide, attendant le bon moment pour le remettre sur le marché. Chaque jour, vous précipitez de nouvelles familles dans la rue. Chaque jour, vous tuez des hommes et des femmes. Et toute l'année vous faites le malheur de millions de foyers qui mettent tout leur salaire dans le logement pour ne pas éveiller votre rogne, pour ne pas se retrouver dehors. Un jour, vous mourrez, repus, contents de votre sort, vous aurez un beau cercueil et vous serez comme tout le monde bouffé par les vers. Je ne sais pas si vous aurez alors à rendre des comptes. Le croire est sans doute une maigre consolation pour les pauvres cons de locataires mais que voulez-vous, on fait ce qu'on peut hein !
 
Il me semble nécessaire de faire une mise au point. On stigmatise depuis des années le locataire, lui assénant en permanence des vérités corrompues. On le traite comme de la merde, on le fait expier par tous moyens juridiques arbitraires. On l'exprime, on le presse, on le jette aux vautours qui lui prennent ses meubles, le moindre de ses effets. Depuis des années, on dorlote le propriétaire, on lui fait montre de mille grâces, il est un digne fils du capitalisme tueur de rêves. Mais le locataire en grande majorité passe son maigre salaire dans le règlement du loyer, par peur de se retrouver dans la rue. Il se prive de tout, même de Noël, de vacances, de vêtements, de tous les plaisirs les plus minces pour satisfaire l'appétit du proprio qui, en principe, n'est pas du genre compréhensif quand il s'agit de faire des travaux ou de consentir un délai. 

Le monde est pourri, ouais.... mais il ne l'est pas tout seul. Le monde n'est pas une entité...
 

Publié dans ANALYSES - CONSTATS

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grignette 01/01/2009 02:08

Ah je ne sais pas pour Over blog. Mais votre commentaire m'inspire de nouvelles réflexions. C'est vrai que les maisons de ville disparaissent au profit de minuscules studios loués très chers. C'est vrai qu'acheter un bien aujourd'hui pour le louer est casse gueule pour le propriétaire qui devra pratiquer un loyer exorbitant par rapport aux salaires... Je vais faire un nouvel article avec ces nouvelles données... Merci à tous et continuez à poster vos commentaires.

je hais les cookies 31/12/2008 21:11

la délirante montée des prix de l'immobilier c'est de la spéculation pure, de l'"économie" de Casino, du vol quoi ! ça ne correspond à aucune réalité économique (la VRAIE économie) car le cout de la construction n'a pas plus augmenté que l'inflation générale, moins au contraire ! Je suis bien placé pour le savoir, moi aussi je fais partie de ces modestes citoyens qui possèdent une maison en trop qu'ils louent, l'Indice INSEE du coût de la construction augment chaque année de 1 ou 2% toujours moins que l'inflation !
Donc les prix des maisons devraient normalement representer la même chose que dans les années 80 (heureusement que c'est à cette époque que j'ai acheté ! ouf ! sinon, je ne sais comment je ferais avec les prix de maintenant ! en 1981-89 les prix, sans être bon marchés, étaient raisonnables). Or depuis les salaires ont augmenté de 40% et les maisons de 400% !
c'est du délire.
Qui peut encore s'acheter une maison à des prix pareils ?
une petite maison d'ouvrier d'autrefois maintenant un ouvrier ne pourrait plus se l'acheter, rénovée elle est vendue le prix d'un villa bourgeoise d'avant !
D'ailleurs on voit un autre phénomène grincant: les maisons des villes disparaissent les unes après les autres: elles sont divisées chacune en plusieurs minuscules appartements, qui sont chacun loués le prix qu'autrefois aurait été louée la maison entière !
Pas étonnant qu'on ne voit plus de magasns de meubles: les gens ne vont plus pouvoir avoir de meubles chez eux !! seulement de petits rayonnages en aggloméré et un matelas par terre pour dormir, des meubles ne tiendraient pas dans ces cagibis.

Et commen se fait-il qu'over-blog oblige maintenant de s'y reprendre à deux fois pour envoyer un commentaire !

grignette 31/12/2008 13:07

j'ai commencé à lire le bouquin gratuit du gars de l'eau diamant. Et je pense qu'il y a des trucs à prendre dedans. Nous avons tout faux effectivement. Nous n'étions pas assez clairvoyants et avons emprunté un chemin obscur... Mais on a déjà fait du chemin en le reconnaissant... Pour l'instant, mes idées ne sont pas claires.... Je vais continuer à lire ce bouquin, à l'assimiler à mes propres réflexions et constats...
On a quand même de la chance ma Charlotte de ne pas être aveugles, même tardivement.... Bise ma belle. On va bien s'en sortir...

Charlotte 31/12/2008 12:48

De toute façon, nous avons tout faux sur nos modes de fonctionnement, c'est pourquoi tout ce que nous avons bâti à partir de là est appelé à se casser la gueule, même si tout est fait pour que nous continuiions à essayer de sauver ce système, il s'écroulera de toute façon car il n'est bâti que sur de fausses valeurs. C'est dûr surtout quand tu arrives à l'automne de ta vie de te rendre compte que tu as eu tout faux. Quelle giffle ! D'autant plus quand tu te rends compte du mal que tu as fait à tes enfants par égoÏsme, au nom de la sacro-sainte liberté de la femme. Nous n'étions pas prêtes à assumer cette pseudo liberté qui n'a fait qu'ajouter des chaînes aux chaînes.
Mais les regrets ou les remords ne servent à rien, il faut maintenant essayer de corriger tout ça en faisant le moins possible de bobos.
Bisous ma Cib

plumedecib 31/12/2008 00:18

Encore un petit mot... Je reprendrai des arguments tels que les tiens pour étayer de nouveaux articles. Essayer d'y voir plus clair et proposer de nouveaux projets.... Des solutions en tous cas....